Quand j'étais petite, pour m'occuper, ma mère me laisser jouer avec la boite à boutons de la maison. Il y avait le papa bouton, un bouton recouvert de cuir type canapé Cherterfield. La maman bouton, c'était un bouton chapeau parme. Et ils avaient des tas d'enfants, et beaucoup de grossesses multiples. Notre boite à boutons n'était pas bien grande, juste assez pour s'inventer des histoires, des aventures dignes des plus grands playmobils. Ma mère acceptait les tricots de ses copines et de ma grand-mère à condition qu'elles ne mettent pas de boutons: c'était elle qui allait à La Droguerie, au Bon marché, au BHV choisir des boutons mignons pour ses fifilles. Elle en prenait toujours en rab, pour alimenter la boite à boutons.

Chez ma grand-mère (pas celle qui nous tricotait des gilets sans boutons, l'autre) il y avait des trésors de milliers de boutons, de fils, de bouts de laine, des rubans en soie, ceux qui faisaient hurler ma mère quand, petite, elle devait se coiffer en choux-fleur avec un gros ruban en soie, alors qu'elle rêvait d'une coiffure francegallesque. Gros confilt inter-générationnel entre ma mamie années 30 et ma mère années 50.

Chez ma grand-mère, l'été dans le var c'était un peu l'enfer, entre l'heure de manger et de goûter on n'avait pas le droit d'aller dehors parce qu'il faisait une chaleur écrasante, ma soeur dessinait ou se passionnait pour les Feux de l'amour, papy-Louis ronflait très fort, mamie faisait des Ooooh et Aaaah et des Salauud! Menteur! Il te ment! à la télé.

Moi, j'allais dans la chambre ouvrir la grande et belle travailleuse en merisier, j'en sortais les boutons (les cousins de mes boutons de Paris) et l'aventure commençait.

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Elle et moi, on est déjà copines.

 

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